En février dernier, lors du sommet de Davos, la commissaire européenne au commerce, Neelie Kroes, avait ouvert le feu: elle s'était déclarée "absolument convaincue" que la testostérone des traders était l'une des causes de la faillite du système financier. Même son de cloche, toujours à Davos, de l'inventeur bangladais du micro-crédit, le célèbre Muhammad Yunus, patron de la Grameen Bank, qui finance d'ailleurs plus souvent les projets des femmes pauvres que des hommes. Pour lui, c'est clair: "les femmes sont plus prudentes, elles n'auraient jamais pris les énormes risques qui ont fait s'effondrer le système financier".
Idem du côté de la ministre indonésienne du commerce, Mari Pangestu, qui déclare que "les femmes sont plus prudentes et moins corrompues".
Dans le quotidien US publié à Paris, "The International Herald Tribune", on lit les 22-23 août sous la plume d'Ellen Goodman: "les recherches menées par le scientifique John Coates montrent que, plus le taux de testostérone est élevé chez les petits génies de la finance, plus ils prennent de risques et plus ils sont susceptibles de prendre des décisions imbéciles".
Conclusion: faut-il remplacer les traders par des "tradeuses", ou (mais les deux ne sont pas incompatibles) castrer - chimiquement, c'est réversible - les traders du sexe masculin?
Et quelle conclusion subsidiaire en tirer à propos des traders de la BNP? Faut-il conditionner le paiement de leurs bonus à la production d'un certificat médical d'émasculation temporaire?