Le patron de la Banque de France a validé le 7 août le "milliard des traders" de la BNP au motif que ces super-bonus étaient conformes aux exigences du G20.
Le président des Etats-Unis, dont on croit se rappeler qu'ils font aussi partie du G20, est moins indulgent à l'égard des banques qui ont été sauvées de la faillite par l'argent public.
Ces banques doivent demander l'autorisation de son "régulateur des rémunérations", Kenneth Feinberg, avant de verser des bonus à leurs 25 employés les mieux payés. Elles ont jusqu'au 13 août pour présenter leurs propositions, qui seront, ou non, validées par M. Feinberg dans un délai maximum de 60 jours. Exemple: Citigroup va-t-elle pouvoir donner les 100 millions de dollars qu'elle a promis à son "super-trader" Andrew Hall?
Problème: les banques américaines qui n'ont pas eu recours à l'aide publique et les banques étrangères ne sont pas visées, et elles peuvent donc attirer les traders les plus performants si elles les payent plus cher.
Or, c'est grâce à l'activité et au talent de ces traders que les banques font actuellement leurs plus gros bénéfices. Pas en faisant leur métier de base qui est de transformer les dépôts de leurs clients en prêts pour les entreprises et les particuliers. Les PME étranglées par des refus de crédit injustifiés en savent quelque chose.
Question: Nicolas Sarkozy, qui recevra les banques le 25 août, saura-t-il "recadrer" les banques et les convaincre que les activités de "trading" de leurs traders sont moins utiles à l'économie et à l'emploi que le crédit aux PME et aux particuliers? Les convaincre, ou les contraindre.