La preuve: tandis que la SEC, l'équivalent US de l'AMF, cherchait un peu mais ne trouvait rien à critiquer dans la "gestion" de Bernard Madoff - 50 milliards de $ envolés en fumée - des financiers s'étaient méfiés. Girish Reddy, de Prisma Partners, qui investit dans des hedge funds, déclarait ainsi la semaine dernière au "New York Times"; "les résultats de Madoff étaient trop bons trop longtemps pour être vrais. Les chiffres étaient toujours positifs, toujours dans le vert, malgré la volatilité des marchés".
Le journal poursuit: les concurrents de Madoff se demandaient comment il pouvait bien faire pour faire gagner de l'argent à ses clients, beaucoup plus que les autres fonds, et cela que la Bourse monte ou baisse.
Pas compliqué: il payait les premiers clients avec l'argent des suivants. Ce qu'on appelle aux Etats-Unis le "Ponzi scheme", du nom d'un célèbre escroc des années 20. La "pyramide", on dit chez nous.
Donc, malgré tout ce qu'on peut penser de mal des banquiers, de ceux qui nous "conseillent", gèrent notre épargne et nous préparent une retraite "sûre" (sic!), ainsi que de ceux qui sont payés pour les surveiller, il y a quand même des financiers qui ne sont pas des imbéciles. Le tout est de ne pas hésiter à se poser des questions simples, du genre: comment il fait pour verser des intérêts mirobolants à ses clients alors que tout le reste de la profession ne sait pas le faire?