Le libéralisme a encore frappé: faillite des crèches privées en Australie
Par Jean-Claude Delarue, samedi 29 novembre 2008 à 14:08 :: Général :: #15 :: rss
Il y a une dizaine d'années, le gouvernement conservateur décide de supprimer les subventions aux crèches sans but lucratif et de se tourner vers le privé. Motif: grâce à la vertu de la concurrence, le privé allait faire baisser les prix et améliorer la qualité du service. Raté. C'est le contraire qui s'est passé: flambée des prix, baisse de la qualité. Et, en plus, le géant de la crèche vient de faire faillite. Un désastre de plus à l'"actif" de l'idéologie libérale.
Eddy Groves va-t-il devoir vendre sa Ferrari rouge? Cet ancien laitier avait fait fortune depuis la privatisation des crèches. Sa société, ABC Learning Centers, était devenu le mastodonte de la crèche avec 25% du marché australien, soit 120 000 bambins et bambines, et était en passe de devenir la première multinationale grâce à ses acquisitions, financées par le crédit - erreur fatale - de La Petite Holdings (sic) aux Etats-Unis et Busy Bees Group au Royaume-Uni.
Donc, il a fait faillite. On s'en ficherait éperdument si plusieurs centaines de crèches n'étaient pas sur le point de fermer. Et si son naufrage ne permettait pas de comprendre pourquoi le privé n'est pas le bon choix pour les services publics.
Revoyons le film.
1) le gouvernement conservateur australien décide, pour des raisons idéologiques, de financer les crèches, non plus par des subventions, mais par des réductions d'impôts pour les familles concernées. Un vrai pactole pour les opérateurs privés, qui se ruent sur ce nouveau marché qui repose sur un principe connu: c'est l'Etat qui paye, et le privé qui encaisse.
2) précisément, le privé exige des bénéfices, toujours plus de bénéfices. Deux conséquences: d'abord, les prix ont littéralement flambé au cours de la décennie suivant la privatisation. Ensuite, la qualité a baissé, réduction des coûts exige, "poor staff-to-child ratio, lack of equipment", révèle le quotidien "International Herald Tribune" en date du 29 novembre. Autrement dit: manque de personnel et de matériel.
3) un test qui ne trompe pas: 20% des employés de ces crèches à but lucratif refusent d'y inscrire leurs enfants, contre 4% seulement pour les crèches municipales.
4) "last, but not least", 40% de crèches de la société ABC ne sont plus rentables, il va falloir les fermer! Or l'Australie manque déjà cruellement de places dans les crèches existantes.
Devant le désastre, le gouvernement travailliste hésite à nationaliser le secteur. Mais les associations de parents et de professionnels réclament des mesures d'urgence, pour éviter la fermeture de centaines de crèches, et une autre politique pour l'avenir.
Une affaire à suivre, et une expérience ratée à méditer.
Donc, il a fait faillite. On s'en ficherait éperdument si plusieurs centaines de crèches n'étaient pas sur le point de fermer. Et si son naufrage ne permettait pas de comprendre pourquoi le privé n'est pas le bon choix pour les services publics.
Revoyons le film.
1) le gouvernement conservateur australien décide, pour des raisons idéologiques, de financer les crèches, non plus par des subventions, mais par des réductions d'impôts pour les familles concernées. Un vrai pactole pour les opérateurs privés, qui se ruent sur ce nouveau marché qui repose sur un principe connu: c'est l'Etat qui paye, et le privé qui encaisse.
2) précisément, le privé exige des bénéfices, toujours plus de bénéfices. Deux conséquences: d'abord, les prix ont littéralement flambé au cours de la décennie suivant la privatisation. Ensuite, la qualité a baissé, réduction des coûts exige, "poor staff-to-child ratio, lack of equipment", révèle le quotidien "International Herald Tribune" en date du 29 novembre. Autrement dit: manque de personnel et de matériel.
3) un test qui ne trompe pas: 20% des employés de ces crèches à but lucratif refusent d'y inscrire leurs enfants, contre 4% seulement pour les crèches municipales.
4) "last, but not least", 40% de crèches de la société ABC ne sont plus rentables, il va falloir les fermer! Or l'Australie manque déjà cruellement de places dans les crèches existantes.
Devant le désastre, le gouvernement travailliste hésite à nationaliser le secteur. Mais les associations de parents et de professionnels réclament des mesures d'urgence, pour éviter la fermeture de centaines de crèches, et une autre politique pour l'avenir.
Une affaire à suivre, et une expérience ratée à méditer.
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