Des députés de la Mafia au Parlement européen en 2009? Le cas de la Bulgarie
Par Jean-Claude Delarue, samedi 15 novembre 2008 à 13:52 :: Général :: #12 :: rss
En Bulgarie, le pays le plus corrompu de l'Union européenne, des électeurs vendent leur voix pour quelques "joints", ou pour 100 leva, soit 50 euros. Pas cher, surtout pour la mafia, qui pille allègrement les fonds distribués par la Commission de Bruxelles. "Pourvu que ça dure", espèrent-ils. Les élections européennes de 2009 leur permettront-elles, l'argent de la corruption n'est pas rare, de faire entrer leurs agents au Parlement de Strasbourg?
Le raisonnement est simple.
1) L'Union européenne accepte tous les pays qui promettent de respecter la loi, la transparence financière, les droits de l'homme, de la femme, des minorités. Moyennant quoi, de nombreux pays ex-communistes ont signé tout ce qu'on leur demandait.
2) Une fois dans l'Union, les subventions se déversent sur ces nouvelles démocraties.
3) La Mafia organise la distribution du pactole.
Le record dans ce domaine appartient à la Bulgarie, le pays le plus corrompu de l'Union, d'après Transparency International
"D'autres pays ont une mafia", explique un député bulgare, Atanas Atanasov, ancien chef des services secrets. "En Bulgarie, c'est la mafia qui a le pays." La mafia bulgare est partout. En bas, en haut - dans l'Etat, la police, la justice - et même dans le football. Les trois patrons successifs du club Lokomotiv de Plovdiv ont ainsi été assassinés. Règlements de comptes?
La mort de deux jeunes filles, des soeurs, n'a rien à voir avec des réglements de comptes. Elles ont été violées, puis tuées à coups de pierres. Conclusions de la police: elles sont mortes dans un accident de la route.
Un magistrat de Sofia refuse de cautionner. A la mi-octobre de cette année, on le retrouve pendu dans une aire de jeux pour enfants. Retenez son nom: Stoycho Radanov.
Meurtre, ou suicide? Le vieux magistrat, il avait 76 ans, était stressé. Entre autres, une universitaire distinguée, qui avait donné son feu vert de spécialiste à l'explication officielle de la mort des deux soeurs, le poursuivait en justice parce qu'il avait osé mettre ses compétences en doute.
Voilà pour la police et la justice.
Revenons à l'Europe.
Normalement, la Bulgarie devrait recevoir 11 milliards d'euros de la Commission - nos impôts d'Européens de l'ouest - d'ici à 2013. Les collectivités locales se tailleront la part du lion, routes, logements, réseaux publics etc.
La mafia "fait le siège" des administrations municipales", explique Doreen Carvajal dans le n° du 13 novembre du quotidien américain publié à Paris "International Herald Tribune". En anglais dans le texte: "City governments are under siege from criminal networks drawn by the billions in EU subsidies that could flow to Bulgaria through 2013". Par ici la monnaie!
Une campagne anti-corruption se développe dans le pays. Il faut quand même avoir le coeur bien accroché. Ainsi, le responsable d'un site anti-mafia, www.frognews.bg - ils ont une section en anglais - s'appelle Ognian Stefanov.
Depuis le mois de septembre, il circule en fauteuil roulant. Il sortait d'un restaurant où il avait rencontré un promoteur immobilier soupçonné de blanchiment d'argent sale, Evelin Banev, quand il a été abordé par quatre gentlemen vêtus de noir, munis de leurs outils de travail, des tuyaux et des marteaux.
Méthodiquement, ils lui ont fracassé les "os les plus sensibles", lui brisant les coudes et les jambes; le supplice médiéval de la roue. Le promoteur, qui voulait les calmer, s'est retrouvé le nez cassé.
Conclusion (provisoire): qui a eu cette idée folle d'inviter tous ces pays dans l'Union européenne? Il ne manque plus que le Monténégro, qui est devenu la plage préférée des milliardaires moscovites, ou, pendant qu'on y est, la "Transnistrie", pseudo-république découpée par la Russie sur le flanc de la Moldavie - la Moldavie indépendante, pas la Moldavie roumaine - pour écouler différents trafics.
Trop tard sans doute pour faire machine arrière à propos de la Bulgarie, de la Roumanie et de quelques autres que nous avons un peu imprudemment intégrés.
Au moins pourrait-on:
1) suspendre toutes les subventions de l'Union à ces pays tant que nous n'aurons pas la certitude ABSOLUE qu'elles n'iront pas dans la poche des mafieux. La Commission a commencé à le faire.
2) vérifier que les élections européennes de 2009 ne permettront pas à ces mafias d'infiltrer le Parlement de Strasbourg. Sinon, les mafieux, qui savent acheter les électeurs, profiteront de ces élections pour faire entrer leurs agents au Parlement européen. But: calmer les ardeurs anti-corruption de la Commission européenne.
1) L'Union européenne accepte tous les pays qui promettent de respecter la loi, la transparence financière, les droits de l'homme, de la femme, des minorités. Moyennant quoi, de nombreux pays ex-communistes ont signé tout ce qu'on leur demandait.
2) Une fois dans l'Union, les subventions se déversent sur ces nouvelles démocraties.
3) La Mafia organise la distribution du pactole.
Le record dans ce domaine appartient à la Bulgarie, le pays le plus corrompu de l'Union, d'après Transparency International
"D'autres pays ont une mafia", explique un député bulgare, Atanas Atanasov, ancien chef des services secrets. "En Bulgarie, c'est la mafia qui a le pays." La mafia bulgare est partout. En bas, en haut - dans l'Etat, la police, la justice - et même dans le football. Les trois patrons successifs du club Lokomotiv de Plovdiv ont ainsi été assassinés. Règlements de comptes?
La mort de deux jeunes filles, des soeurs, n'a rien à voir avec des réglements de comptes. Elles ont été violées, puis tuées à coups de pierres. Conclusions de la police: elles sont mortes dans un accident de la route.
Un magistrat de Sofia refuse de cautionner. A la mi-octobre de cette année, on le retrouve pendu dans une aire de jeux pour enfants. Retenez son nom: Stoycho Radanov.
Meurtre, ou suicide? Le vieux magistrat, il avait 76 ans, était stressé. Entre autres, une universitaire distinguée, qui avait donné son feu vert de spécialiste à l'explication officielle de la mort des deux soeurs, le poursuivait en justice parce qu'il avait osé mettre ses compétences en doute.
Voilà pour la police et la justice.
Revenons à l'Europe.
Normalement, la Bulgarie devrait recevoir 11 milliards d'euros de la Commission - nos impôts d'Européens de l'ouest - d'ici à 2013. Les collectivités locales se tailleront la part du lion, routes, logements, réseaux publics etc.
La mafia "fait le siège" des administrations municipales", explique Doreen Carvajal dans le n° du 13 novembre du quotidien américain publié à Paris "International Herald Tribune". En anglais dans le texte: "City governments are under siege from criminal networks drawn by the billions in EU subsidies that could flow to Bulgaria through 2013". Par ici la monnaie!
Une campagne anti-corruption se développe dans le pays. Il faut quand même avoir le coeur bien accroché. Ainsi, le responsable d'un site anti-mafia, www.frognews.bg - ils ont une section en anglais - s'appelle Ognian Stefanov.
Depuis le mois de septembre, il circule en fauteuil roulant. Il sortait d'un restaurant où il avait rencontré un promoteur immobilier soupçonné de blanchiment d'argent sale, Evelin Banev, quand il a été abordé par quatre gentlemen vêtus de noir, munis de leurs outils de travail, des tuyaux et des marteaux.
Méthodiquement, ils lui ont fracassé les "os les plus sensibles", lui brisant les coudes et les jambes; le supplice médiéval de la roue. Le promoteur, qui voulait les calmer, s'est retrouvé le nez cassé.
Conclusion (provisoire): qui a eu cette idée folle d'inviter tous ces pays dans l'Union européenne? Il ne manque plus que le Monténégro, qui est devenu la plage préférée des milliardaires moscovites, ou, pendant qu'on y est, la "Transnistrie", pseudo-république découpée par la Russie sur le flanc de la Moldavie - la Moldavie indépendante, pas la Moldavie roumaine - pour écouler différents trafics.
Trop tard sans doute pour faire machine arrière à propos de la Bulgarie, de la Roumanie et de quelques autres que nous avons un peu imprudemment intégrés.
Au moins pourrait-on:
1) suspendre toutes les subventions de l'Union à ces pays tant que nous n'aurons pas la certitude ABSOLUE qu'elles n'iront pas dans la poche des mafieux. La Commission a commencé à le faire.
2) vérifier que les élections européennes de 2009 ne permettront pas à ces mafias d'infiltrer le Parlement de Strasbourg. Sinon, les mafieux, qui savent acheter les électeurs, profiteront de ces élections pour faire entrer leurs agents au Parlement européen. But: calmer les ardeurs anti-corruption de la Commission européenne.
Commentaires
1. Le samedi 15 novembre 2008 à 18:49, par Delarue
2. Le dimanche 16 novembre 2008 à 15:49, par Delarue
3. Le lundi 17 novembre 2008 à 10:10, par Delarue
4. Le lundi 17 novembre 2008 à 15:57, par Delarue
5. Le vendredi 28 novembre 2008 à 18:21, par Delarue
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